JOURNALISTE 'APATRIDE'

Critiques

Il y a deux ans, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai, l’Association des journalistes professionnels (AJP) annonçait l’oeuvre d’Özgüden en ces termes: 

 

"Après 57 années de métier, le journaliste professionnel Dogan Özgüden a décidé de mettre sur papier une partie de sa mémoire à partir de son exil bruxellois qui dure depuis près de 40 ans. Ecrit en langue turque dans un style littéraire particulièrement agréable à lire, l'imposant ouvrage retrace le parcours très particulier d'un fils de cheminot passionné par le journalisme et la gauche radicale turque qui sera contraint de fuir la répression et la dictature militaire sans jamais renier son combat pour les valeurs qu'il veut défendre. Le livre débute déjà par un constat de colère contre cet Etat turc, son appareil administratif, ses extrémistes nationalistes, ses fondamentalistes religieux, ses journalistes pro-régime et ses associations connexes qui ont tenté durant ces quarante dernières années d'utiliser tous les moyens pour saboter le travail d’Info-Türk (spécialisée sur la Turquie et les droits de l'Homme, les pressions sur les médias, la question kurde, les minorités, l'immigration) gérée par Dogan Özgüden et son épouse Inci Tugsavul. Les poursuites judiciaires se multiplient à l'égard de ce couple de journalistes condamné à l’exil. Le livre rappelle ainsi la notification de la déchéance de leur nationalité turque, qui fut demandée par l'ex-Premier ministre Turgut Özal et envoyée par l'ambassade de Turquie à Bruxelles en 1998 au motif d'avoir perturbé une conférence de presse du Premier ministre turc de passage à Bruxelles."

 

"La force de l'ouvrage réside dans la narration des grands bouleversements qui ont touché la République de Turquie à travers le vécu d'un simple citoyen et acteur de terrain. D'un coup d'Etat (1960) à un autre (1971) et encore un autre (1980), Dogan Özgüden arrive à condenser, scénariser et transmettre l'évolution du paysage politique, médiatique et social dans son pays d'origine avec lequel il cultive une relation d'amour-haine toujours inachevée.”